Bill Gates rédacteur en chef invité d’un « Time magazine » spécial optimisme

By 8 janvier 2018L'actu des médias

Bill Gates : « Pourquoi j’ai accepté d’être rédacteur en chef d’un numéro du TIME »

De l’autre côté de l’Atlantique aussi, des médias s’exercent à couvrir des initiatives, femmes et hommes qui mettent en œuvre des réponses aux enjeux d’aujourd’hui. C’est le cas du Time magazine, qui confie à Bill Gates la rédaction en chef du numéro qui paraitra le 18 janvier 2018 sous la bannière « Les optimistes ». Le fondateur de Microsoft et de la fondation Gates est ainsi présenté comme le premier « rédacteur en chef invité » du TIME depuis la création du journal il y a 94 ans.

Lire les informations de nos jours ne nous encourage pas vraiment à l’optimisme. Les ouragans sur le continent américain. D’horribles fusillades de masse. Les tensions mondiales autour de l’armement nucléaire, la crise en Birmanie, les guerres civiles sanglantes en Syrie et au Yémen. Notre cœur se brise pour chaque personne directement touchée par ces tragédies. Même chez ceux d’entre nous qui sont  assez chanceux pour ne pas être directement affectés par ces événements, peut s’installer le sentiment que le monde s’effondre.

Mais ces événements, aussi horribles soient-ils, ont eu lieu dans le contexte d’une tendance plus large et positive. Dans l’ensemble, le monde va mieux.

Il ne s’agit pas d’un point de vue naïvement optimiste ; cette affirmation repose sur des données. Regardez les chiffres de la mortalité infantile. Depuis 1990, le nombre d’enfants mourant avant leur cinquième anniversaire a diminué de moitié. Cela signifie qu’en l’espace d’un quart de siècle, 122 millions d’enfants ont ainsi été sauvés, et que d’innombrables familles ont été épargnées par l’expérience déchirante de la perte d’un enfant.

Et il ne s’agit que d’une seule mesure. En 1990, plus d’un tiers de la population mondiale vivait dans une pauvreté extrême. Aujourd’hui, un dixième se trouve dans cette situation. Il y un siècle, il était légal d’être homosexuel dans une vingtaine de pays ; aujourd’hui c’est le cas dans plus de 100 pays. Les femmes gagnent en pouvoir politique et constituent actuellement plus d’un cinquième des membres des différents parlements nationaux, et le monde commence enfin à les écouter lorsqu’elles osent parler des agressions sexuelles. Plus de 90% des enfants au monde sont inscrits à l’école primaire. Aux Etats-Unis, il est désormais beaucoup moins probable de mourir au travail ou en voiture que pour la génération de nos grands-parents. Et ainsi de suite.

Je ne suis pas en train d’essayer de minimiser le travail qu’il reste à faire. Être optimiste ne veut pas dire ignorer les tragédies et injustices. Être optimiste c’est s’inspirer de ceux qui font avancer le progrès sur ces différents fronts, et chercher à diffuser ce progrès plus largement. Si vous êtes choqués par la mort d’enfants, demandez-vous : qui est compétent pour venir au secours des enfants, et comment les aider à aller plus loin ? (C’est la raison pour laquelle Melinda et moi-même avons créé notre fondation.)

Pourquoi donc  avons-nous ce sentiment que le monde est en déclin ? Je pense que cela est en partie dû à la nature même de la couverture médiatique. Les mauvaises nouvelles sont perçues comme des tragédies, tandis que les bonnes sont généralement considérées comme de l’information supplémentaire, moins digne d’intérêt. Une vidéo d’un immeuble en feu génère beaucoup de vues, mais peu de gens cliquerait sur un titre tel que « Moins de bâtiments ont brûlé cette année. » C’est dans la nature humaine de focaliser son attention sur les menaces : l’évolution nous a programmés pour nous inquiéter des animaux qui veulent nous manger.

Il y a aussi un fossé croissant entre les mauvaises choses qui continuent de se produire et notre capacité à les tolérer. Au fil des siècles, la violence a diminué drastiquement, tout comme notre volonté de l’accepter. Mais du fait que les améliorations n’atteignent pas le niveau fixé par nos attentes, nous pouvons avoir l’impression que les choses s’empirent.

Dans une certaine mesure, il est bon que les mauvaises nouvelles fassent l’objet de notre attention. Si nous voulons rendre le monde meilleur, nous avons besoin de quelque chose contre lequel s’indigner. Mais il faut que ce soit compensé par des points positifs. Lorsque vous voyez de belles choses se produire, vous pouvez canaliser votre énergie pour accomplir encore plus de progrès.

J’espère que c’est ce que vous retiendrez de ce numéro du TIME. J’ai demandé à certaines des personnes que je respecte le plus d’écrire sur ce qui les rend optimistes. Vous apprendrez des faits surprenants sur l’état du monde, et vous découvrirez des héros qui sauvent des vies chaque jour. C’est un « cours intensif » sur pourquoi et comment le monde s’améliore. J’espère que cela vous inspirera pour le rendre encore meilleur.

Bill Gates, Rédacteur en chef invité

Traduction réalisée par Reporters d’Espoirs.

> Source originale (en anglais sur le site du Time)

 

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