Le 1er Hackathon du journalisme & des médias de solutions s’est tenu samedi 9 et dimanche 10 juin à 42, la formation en informatique gratuite et ouverte à tous créée par Xavier Niel. Une cinquantaine de participants de tous horizons médiatiques -développeurs informatiques, journalistes, statisticiens, webdesigners…- ont pris part à cet événement inédit. Avec le soutien de coachs, experts, pros des médias et de l’innovation, ils se sont attaqué à un défi de taille : imaginer et développer des outils numériques pour accélérer la cause de Reporters d’Espoirs.

Retrouvez les projets élaborés par les hackathoniens, durant le week-end du 9-10 juin 2018, pour booster la cause du journalisme de solutions ! Notre équipe de coachs et les interviews des membres du jury sont également disponibles ci-dessous.

Les 7 équipes en lice & la lauréate sont…

L’équipe lauréate de ce 1er Hackathon du journalisme de solutions est…

« LUCIDE » ! Cette équipe de 7 personnes s’est constituée durant le défi, et a développé  un moteur de recherche dédié aux contenus de solutions. L’équipe est constituée de cinq développeurs -Florian Madura, Wadu Zaim, Jean-Ervan Yildiz-Dellac, Paul de Renty et Elian Carsenat- et deux journalistes, Rouguyata Sall et Katia Barillot.

Le projet en deux mots : Comment identifier et rendre accessible le journalisme de solutions à l’écosystème médiatique ? Grâce à Lucide, 1er moteur de recherche dédié au journalisme de solutions. Ce moteur permet de parcourir la presse selon divers critères et d’identifier les initiatives impactantes du moment.

 

Les 6 autres équipes en lice :

« METAVOX » avec Tiana SALLES, Kamel MALEK, Guillaume LODI, Nicolas ROBIN, Sabrina DE LANNOY, Boyan BARAKOV, Alexy BOURY, Florence Cazenove et Geoffroy Avé.

Le projet : Ces dernières années, les médias alternatifs ont explosé et les fakenews pullulent. Certains médias s’efforcent à posteriori de démonter ces intox. L’équipe de METAVOX propose d’aller plus loin : limiter l’apparition des fakenews, grâce au fact cheking.

METAVOX est une plateforme web, sur laquelle les citoyens expriment leurs avis et partagent leurs solutions. La liberté de ton est totale, sur n’importe quel sujet. Mais à une seule condition : les publications sont vérifiées, décortiquées par des journalistes et des citoyens, sur le modèle de Wikipedia. Cette plateforme propose ainsi une nouvelle forme de journalisme de solutions, initiée par les citoyens eux-mêmes, à disposition du public et utilisable en toute confiance par les rédactions.

 

« IDO, agrégateur de solutions 2.0 ». Samy MONNIER, Aurore PORET, Charles HUOT DE LONGCHAMP.

Le projet : face à la dispersion de l’information et au manque de clarté des arguments de solutions, cet agrégateur propose d’augmenter la visibilité des solutions et de débattre sur des initiatives. La démarche est la suivante :

* Sélection de sujets montants sur les réseaux sociaux autour des thème: #environnement #économie #social
* Production d’une synthèse des arguments avec un renvoi vers les articles-sources d’éditeurs référencés dans médiasig
* Référencement des solutions via  les contributeurs
* Propositions et débats autour des solutions
* Analyse des échanges, et conseil aux acteurs de la société civile pour la mise en œuvre de ces solutions.

 

 

« Propolis ». Herman LEFERINK, Stéphanie RIBAL, Marine SLAVITCH, Chaqui OROSTEGUI, Léopolod PICOT, Sokha HIN, Bénédicte GALTIER.

Le projet : un réseau social permettant la mise en relation de citoyens, journalistes et porteurs de solutions. Les citoyens y postent photos et vidéos d’initiatives identifiées dans l’espace public. L’ensemble de ces contributions alimente une base de données sur laquelle les journalistes pourront s’appuyer pour effectuer leur veille. Le moteur de recherche qu’utilise le journaliste dispose de filtres pour affiner la recherche.

 

 

« FoundAction ». Simon FREYBURGER, Loïc MANGIN, Maud BUCHWAALTER, Hieu TRUONK, Thomas CHARREPRON, Adrien BOSSI

Le Projet :

Le rôle de Found Action est double : faciliter le travail des journalistes avec un « super-annuaire » des initiatives, et permettre aux porteurs d’initiatives de se faire connaître, avec des informations à jour et directement exploitables. Via un chatbot, les porteurs d’initiatives sont invités à actualiser / compléter et valider les informations sur leur initiative. Ce chatbot posera des questions pour obtenir les infos utiles aux journalistes afin de rendre « digeste » un super-formulaire construit en étroite collaboration avec des journalistes, pour le rendre pertinent. La base d’initiatives ainsi créée sera directement exploitable par les journalistes, régulièrement contrôlée et actualisée.

 

« Ekklesion ». Lorenzo Farnetani, Mathias Schmitt et Thomas Serre.

Le projet : comment développer le journalisme de solutions et accélérer la cause de Reporters d’Espoirs ? Avec une plateforme de vente aux enchères, auprès des médias, d’articles rédigés par des journalistes sur des sujets proposés et/ou choisis par les futurs lecteurs.

 

 

 

 

 

« La boîte à solutions ». Léa Sanchez, Aurélie Franc, Guillaume Michaud, Perrine Le Parc, Fabiola Dor, Elisabeth Petibon, Claire Commissaire.

Le projet : beaucoup de journalistes ont envie de mettre en valeur des initiatives. Mais trouver des idées de sujets adaptés au domaine qu’ils couvrent et au journal pour lequel ils travaillent n’est pas toujours simple. Certains reçoivent de nombreux mails, leur présentant des projets parfois sans aucun lien avec les thématiques qu’ils traitent. A l’inverse, d’autres ont parfois du mal à trouver des idées de sujets.

L’idée est donc la suivante : permettre à la communauté des journalistes de s’échanger rapidement et facilement des sujets grâce à une plateforme nommée “La Boîte à Solutions”. Il s’agit d’un outil de veille collaborative, s’appuyant sur l’entraide entre journalistes et la volonté de donner une seconde vie aux nombreux mails envoyés par des citoyens ayant mal identifié le journaliste qui pourrait être leur interlocuteur.

Un événement Reporters d’Espoirs avec le soutien de ses formidables partenaires
qui ont rendu possible ce hackathon 🙂

L’équipe des coachs

Le Jury

Les membres du Jury partagent leur appréciation de ce 1er hackathon des médias de solutions

5 questions à Olivier Saby, membre du jury et Président d’IMPACT

En quoi vous retrouvez-vous dans Reporters d’Espoirs ?

Je suis intervenu comme membre du jury en tant qu’associé d’Impact, le premier fonds d’investissement activiste pour le cinéma et l’audiovisuel. Impact vise à changer le regard des spectateurs sur le monde, notamment en promouvant la cohésion sociale, l’égalité des chances, l’émancipation des femmes et la lutte contre l’intégrisme religieux. Par exemple, pour son premier investissement, le fonds a accompagné le film « Mon tissu préféré » de Gaya Jiji, qui est la première réalisatrice femme de l’histoire du cinéma syrien. Le film parle d’une jeune femme à Damas à qui l’on propose un mariage arrangé pour pouvoir s’envoler loin des bombes. Il a été sélectionné à Cannes en 2018, dans la catégorie Un Certain Regard.

Quel regard portez-vous sur ce premier hackathon des médias de solutions ?

C’était une réussite : cette première édition a réellement su mobiliser des énergies plurielles et créer un dynamisme de groupe pour inventer des projets qui font bouger les choses, qui bousculent la manière qu’ont usuellement les journalistes de fonctionner. Il faudrait renouveler cette expérience chaque année afin de mobiliser un maximum de personnes en faveur du journalisme de solutions.

Le journalisme de solutions, donc, ça vous parle !

L’une des devises du fonds Impact vient de Wim Wenders : « Les images sont les armes les plus puissantes du siècle ». La diffusion d’idées progressistes passe par la compréhension et l’usage de la force des médias. Il faut se servir de l’existant pour créer de nouvelles manières d’appréhender le monde, pour le penser plus intelligemment. Le journalisme de solutions, en l’occurrence, peut y contribuer.

Un bémol, une amélioration à proposer pour une prochaine édition ?

Pas de bémol véritablement. Il faut cependant garder à l’esprit que si les projets proposés étaient ingénieux, il n’est pas possible en aussi peu de temps -48h- de s’assurer de leur complète viabilité. L’analyse de marché, le modèle économique nécessitent un temps plus long… Il faut prendre un certain recul avec les Hackathons : l’important est la dynamique créée, la fédération d’énergies et de volontés : le reste suit !

Par rapport au journalisme de solutions, pensez-vous qu’on avance dans la bonne direction ?

Il me semble que c’est par des initiatives de ce type qu’il est possible peu à peu de faire comprendre que, contrairement à un cliché souvent véhiculé, le journalisme n’est jamais neutre. Il ne peut pas l’être puisqu’il est toujours une représentation de la société à travers le prisme de ceux qui en produisent, sélectionnent, présentent le contenu… Les journalistes et les médias ont donc un rôle à jouer pour montrer le monde dans sa diversité, inspirer, guider… Reporters d’Espoirs prend sa part à ce défi en essayant d’apporter de nouvelles idées et de nouveaux modèles.

Vidéo à venir

5 questions à Jacques Lecomte, membre du jury, expert de la psychologie positive

5 questions à Jacques Lecomte, membre du jury, Psychologue et écrivain

Qu’avez-vous pensé de cette première édition du Hackathon Reporters d’Espoirs ?
Les jeunes ont parfois du mal à comprendre ce qu’est le journalisme, et plus particulièrement le journalisme de solutions. Or j’ai eu l’impression que c’était bien intégré dans les propositions des participants. J’ai eu le sentiment que le Hackathon avait très bien fonctionné pour une première édition, avec un nombre de participants important, et un bon équilibre des profils, avec 1/3 de développeurs, 1/3 de journalistes et 1/3 issus d’autres domaines, notamment marketing.

Pourquoi avoir accepté d’être membre du jury ?
J’avais proposé l’idée à Gilles d’organiser un tel événement. En tant que philosophe spécialisé dans la psychologie positive, auteur, et ex-journaliste,  il m’arrive fréquemment de plaider pour le journalisme de solutions.

Que pensez-vous de l’équipe lauréate, Lucide ?
J’avais d’abord sélectionné le projet Idéo (à vérifier) ! Je ne connais pas grand-chose à l’informatique, suis un utilisateur de base d’Internet, et ai trouvé ce projet assez élaboré en même temps qu’immédiatement accessible à un novice.

Une suggestion pour la prochaine édition ?
Je veux surtout saluer deux choses. J’ai trouvé très bien de faire appel à une consultante-facilitatrice spécialiste des Hackathons.  Elle a mené le projet de manière souple mais ferme. De plus, c’était une excellente idée de faire participer l’un des coachs aux délibérations du jury. Nous hésitions entre deux groupes, et grâce à son regard, nous avons compris lequel était le plus mature sur le plan technologique. Il nous a aiguillé en toute objectivité.

Par rapport au journalisme de solutions, pensez-vous qu’on avance dans la bonne direction ?
Oui. Cela fait plusieurs années que je viens aux événements organisés par Reporters d’Espoirs, en particulier à La France des solutions. J’ai l’impression que le discours des journalistes que j’entends est de plus en plus optimiste sur l’avenir de cette démarche. Je me décris comme un irréductible optimiste mais lucide, réaliste. Je prends tout ce qui est positif.

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