«Journalisme de Solution » le nouveau dress code de Nice Matin

Engagé aux côtés de Reporters d’Espoirs dans « La France des Solutions », le journal passe à la vitesse supérieure et fait du journalisme de solutions, une réalité sur le papier ou presque… !

C’est l’une des priorités de la nouvelle stratégie numérique du groupe Nice-Matin:« construire un média utile à sa communauté ». Permettre au lecteur de découvrir à proximité de chez lui, des porteurs d’initiatives qui parviennent à répondre aux problèmes quotidiens ; leur proposer une immersion sur le terrain ; financer des projets locaux : tel est le souhait de cette première édition numérique orientée « journalisme de solutions ». En plus d’analyser les enjeux sociétaux actuels, il s’agit de rendre service à ceux qui les vivent, et qui par ailleurs ont contribué à sauver le journal. Un tournant journalistique recherché, assumé, et financé à hauteur de 60 % par Le Fond Google-AIPG pour l’innovation numérique de la presse.

Il nous faut se souvenir que le quotidien était en redressement judiciaire jusqu’en novembre 2014, date où il fut autorisé par le tribunal de commerce à être reconnu comme société coopérative d’intérêt collectif. Une mutation pour le groupe Nice Matin en partie réalisée grâce à la campagne de crowdfunding,  qui avait permis de récolter en septembre 2014 près de 400 000 euros. Un an plus tard, Nice Matin récidive et met en place un financement participatif pour la création d’un journal en ligne, qui génère 620 pré-abonnements. Nice Matin veut faire honneur à ses contributeurs : experts, pouvoirs publics, société civile, tous sont consultés pour apporter des solutions concrètes, et faire de ce nouveau quotidien régional, un outil social profitable.

L’article sur la cohabitation des loups et des bergers en Italie, est une illustration de cet angle problème + solution. Les  journalistes de Nice-Matin montrent comment « Dans la province de Cunéo, où sont recensées 9 à 11 meutes, les années noires de 2001-2002 semblent révolues ». L’enquête insiste sur chaque étape qui a permis aux bergers de poursuivre leur activité sans menacer l’existence des prédateurs.

Cette manière de traiter l’information n’a toutefois pas empêché la rédaction de faire face à quelques obstacles en interne. Si un certain désintérêt a pu se manifester au départ, il était surtout lié à une faible culture du digital, ainsi qu’à la méconnaissance du journalisme de solutions. Longtemps associé à un journalisme de « bonne nouvelle », il est désormais reconnu et mis en avant pour son utilité : chercheur de solutions, moteur de lien social, il permet moyennant 9,90 euros par mois, d’être acteur de la vie locale. Sur chaque abonnement numérique, le groupe a décidé de reverser 1 euro à une cagnotte d’aide au financement de projets solidaires et innovants. Toujours dans une optique de participation, Nice Martin encourage ses lecteurs à voter pour leur projet préféré.

–  L’opération «Il faut sauver le petit Kiosque Jeannot » a permis de collecter 7152 euros

il faut sauver le kisoque

 

 

 

 

 

 

 

Donner l’opportunité d’écrire des tribunes, d’émettre une expertise, de témoigner ou encore de proposer des sujets à la rédaction…Autant d’occasions de rappeler aux abonnés qu’ils ont à faire à un « Journal qui vous appartient ». Et ça marche ! Les articles intégrant des solutions sont vus 2,8 fois plus que les articles posant uniquement les problèmes (4700 pages vues en moyenne pour ceux dit « solutions », contre 1700 pour ceux dit « problèmes »).

Anaïs DEDIEU

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