Le Crédit Coopératif s'applique à lui même une "taxe Tobin"

By 17 décembre 2010Economie
Le Crédit Coopératif s'applique à lui même une "taxe Tobin"

Taxer les transactions financières à un taux très faible, c’est l’idée lancée en 1972 par l’économiste américain James Tobin pour lutter contre la spéculation. Son idée a depuis été reprise par de nombreux économistes comme Joseph Stiglitz ou Lawrence Summers, ainsi que par l’association altermondialiste ATTAC. Une telle taxe, si elle était instituée à un niveau international, comporterait le double intérêt de lutter contre une trop grande liquidité des marchés financiers, et de dégager des fonds pour l’aide aux citoyens. Avec la crise économique de 2008, cette idée a connu un retour en force, mais de nombreux pays, à commencer par les Etats-Unis, se sont opposés à la mise en place d’une telle taxe.

Dans son programme d’émission déposé à l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) en mai 2010, le Crédit Coopératif a inscrit la possibilité de mettre en place un système de « quote-part solidaire », c’est à dire de reverser un très faible pourcentage de ses opération financières à des organismes d’intérêt général. Ainsi, sur l’emprunt obligataire de plusieurs dizaines de millions d’euros qu’il vient de réaliser, le Crédit Coopératif a reversé 0,02 % du montant récolté, soit 10 000€ au CCFD-Terre Solidaire, par ailleurs partenaire de la banque depuis près de 30 ans.

Cette contribution de la part du Crédit Coopératif est volontaire et n’est donc pas assimilable à une taxe. Néanmoins, elle reprend un des principes de la taxe Tobin : en prélevant une minuscule part de transactions financières au volume énorme, on peut dégager de sommes conséquentes pour soutenir l’action des organismes d’intérêt général.

Espérons que l’initiative du Crédit Coopératif fasse des émules, et que cette pratique se généralise.

Lire le communiqué du Crédit Coopératif

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