Les énergies renouvelables : l’après-pétrole se prépare aujourd’hui

Nul n’est censé ignorer la loi… de la Nature. Cette même Nature qui ordonne que l’homme en finisse avec l’épuisement des réserves d’énergies fossiles et interrompe toute dégradation de la qualité de l’air, quand elle ne gronde pas à grands renforts de changements climatiques. Ajoutez à la colère de dame Nature l’augmentation de la consommation énergétique et la hausse continue des prix du pétrole depuis plus de 10 ans et vous obtiendrez une certaine idée de l’urgence de la situation. Aussi, des débats actifs qui réveillent les consciences, posent la question des énergies nouvelles et renouvelables (ENR) et tendent à apporter des solutions, semblent au minimum indispensables, à l’image de celui qui se tenait mardi 25 janvier à l’ESCP.

Christian de Perthuis, économiste et conseiller scientifique à la Mission Climat de la Caisse des Dépôt, Arnaud Gossement, avocat en droit de l’environnement, membre du Syndicat des énergies renouvelables et participant au Grenelle, Hélène Gassin, vice-présidente de la région IDF chargée de l’environnement, de l’agriculture et de l’énergie, Raphaël Claustre, directeur du CLER (Comité de liaison énergies renouvelables), Patrick Behm, fondateur de Enercoop et Jerôme Mouterde, fondateur de Solaire2G, tous ont répondu présent à l’appel des énergies renouvelables.

Une première constatation s’impose: souffririons-nous d’hypermétropie? Christian de Ponthuis répond par l’affirmative: « les économistes du climat se trompent en regardant 2050! C’est aujourd’hui! ». Appréhender nos ressources énergétiques demande à y voir très bien de près, pour ensuite envisager le long terme! Car les chiffres d’aujourd’hui parlent d’eux même: plus de 80 % de notre énergie provient du fossile, quand les experts prévoient son essoufflement voire sa disparition dans les années futures. Le soleil, l’eau, le vent, le bois s’imposent comme l’opération de la dernière chance, avec l’avantage de ne pas dépendre de réserves fossiles chères et limitées, d’avoir un impact nul ou faible sur l’environnement et d’être inépuisables selon la localisation géographique et les facteurs climatiques. Que demande le peuple?

Lente, hypocrite, attentiste, passive… Autant de qualificatifs pour le moins désolants qui décrivent le comportement de la France face aux ENR. Est-ce bien mérité? Malgré l’urgence d’une situation que personne ne veut voir, et qui n’arrange personne?, notre pays reste le grand retardataire Européen du développement des énergies vertes. Pointés du doigt: la prédominance du nucléaire, une bureaucratie omniprésente ainsi qu’un cadre juridique aux contours flous et éphémères. Maître Arnaud Gossement évoque un « paradoxe entre les objectifs et les moyens ». En effet, les objectifs plancher de développement durable, signés par Jean-Louis Borloo, semblent interprétés comme des objectifs plafond. Celui qui a participé au Grenelle ajoute à ce manque d’ambition : « une avalanche de textes qui changent tout le temps, contraignants les entrepreneurs qui souhaitent vendre leur énergie  à EDF à être des spécialistes du droit et à s’adapter aux changements constants des textes de loi. Plus on a de texte, plus le droit bégaie, plus l’administration est perdue (…) ».

Comment sortir de ce marasme et accélérer l’utilisation des ENR? Chacun apporte un bout de solution. Pour Christian de Perthuis le changement se nomment « prix carbone » et politiques publiques ». Hélène Gassin prône l’invention de solutions collectives à l’échelle des territoires, en rappelant le rôle de planificateur et d’accompagnateur des régions. Développer une politique et une production locales des ENR, par le biais des collectivités territoriales, constitue la vision défendue par Raphaël Claustre : « Nous devons décentraliser et faire de l’énergie du terroir.». Quant à Patrick Behm, replacer le citoyen au cœur de la question énergétique paraît indispensable. L’innovation reste pourtant présente sur notre territoire, à l’image de Jérôme Mouterde parent d’un panneau solaire nouvelle génération qui peut fournir électricité et eau chaude.

Tous ont les yeux rivés sur demain. Prochaine échéance le 11 février 2011 : Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement, se prononcera sur l’avenir de l’énergie solaire en France.

Aude Serra (Alter Mardis – Parlons solutions)

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One Comment

  • onjour,
    bravo pour cet article très instructif. Pourrais-je emprunter ce document pour mon blog ? Je citerais votre blog et metterai un lien vers votre article.
    Merci et bonne continuation !

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