Des initiatives pour un juste accès à la terre des paysans : petit tour du monde

Alors que l’année 2014 s’achevait et, avec elle, l’Année internationale de l’agriculture familiale définie par les Nations-Unies, Altermondes a décidé de se pencher sur la question et de dédier son dix-huitième hors-série à l’une de ses dimensions : l’accès à la terre des paysans.

Ce numéro spécial de 80 pages, paru en novembre 2014 (et encore disponible en kiosque), dresse un état des lieux constructif de la situation en France et dans le monde. Sont analysées :

  • les causes du creusement des inégalités d’accès au foncier agricole en la défaveur de la paysannerie, qui demeure aujourd’hui la première forme d’agriculture mondiale ;
  • les mobilisations luttant pour le maintien de cette agriculture à échelle humaine ;
  • les actions existantes et les transformations à accomplir pour faire du modèle familial et paysan une vision agricole d’avenir.

Comment sécuriser l’accès au foncier agricole des paysans ?

De deux choses l’une : tous les agriculteurs ne sont pas des paysans – l’agriculture paysanne constituant un modèle parmi d’autres, concurrent de l’agriculture industrielle – et tous les propriétaires de foncier agricole ne sont pas des exploitants agricoles. Par contre, comme tout agriculteur, les paysans doivent disposer d’une terre cultivable comme préalable indispensable à leur activité.

Dans ce numéro d’Altermondes, vous découvrirez que cette logique implacable est à l’origine d’un reflux de l’agriculture paysanne au Nord comme au Sud. À l’heure de l’accaparement des terres, de la concentration des exploitations agricoles, de l’orientation systématique de la production vers l’export sur des marchés mondialisés de denrées alimentaires, de la spéculation foncière, de l’artificialisation des terres agricoles (etc.), il est, en effet, de plus en plus difficile pour les petits exploitants familiaux de conserver leur droit d’usage sur le foncier et, pour les apprentis-paysans, d’obtenir un tel droit ouvrant la voie à leur installation agricole.

Face à ces inégalités d’accès au foncier subies par le monde paysan, garant de la sécurité alimentaire des populations, de l’indépendance économique des producteurs et de la préservation de la biodiversité, des initiatives ont fleuri d’horizons divers pour, en fonction des zones géographiques concernées, freiner l’exode rural des exploitants familiaux, empêcher leur (re)conversion en tant que salariés agricoles sans terre ou renouveler les pratiques culturales dans nos campagnes. En voici quelques-unes, extraites du dossier :

  • À Madagascar et en Mauritanie, des « guichets fonciers » et des processus d’«entente foncière» alignent le régime foncier officiel sur la reconnaissance des ayants-droits – individuels ou collectifs – localement reconnus par la coutume et la concertation et restituent ainsi aux paysans l’assurance d’un usage sécurisé de leurs terres là où l’incertitude bloquait, auparavant, l’exploitation familiale du foncier agricole.
    cf. article de Christophe Trehet & Philippe Revelli, « Sécuriser l’accès et l’usage du foncier agricole »
  • Au Rwanda et en Tanzanie, des titres de propriété partagés entre mari et femme permettent de réduire (et non de supprimer, les femmes n’étant des ayant-droits potentiels qu’en leur qualité d’épouse dans ces politiques foncières rénovées) les inégalités, liées au sexe, d’accès à la propriété de la terre, particulièrement flagrantes dans le monde paysan africain et asiatique où entre 70 et 80% des actifs agricoles sont des femmes quand seulement 2% d’entre elles disposent d’un titre de propriété foncière.
    cf. article de Cécile Leuba, « Accès à la terre. Pour les femmes aussi »
  • En France, la « Foncière » Terre de Liens réinvestit l’épargne des Français dans le rachat de fermes agricoles. Elles sont ensuite louées à prix avantageux à de jeunes agriculteurs souhaitant pratiquer une agriculture durable (dont l’agriculture paysanne est partie intégrante). L’objectif : faire sauter le verrou foncier qui entrave nombres de nouvelles installations faute de terrains disponibles et financièrement accessibles. En guide d’illustration, l’article retrace le parcours de Christophe Gaudry, paysan en maraîchage bio, un parcours épineux mais réussi.
    cf. article d’Andrea Paracchini, « L’épargne solidaire fait pousser des fermes »

Pour aller plus loin

Feuilleter quelques pages du Hors-Série n°18 d’Altermondes

Visionner en ligne notre coup de cœur : « Le prix de la terre », un reportage dessiné très pédagogique sur la pratique illégale du « pas-de-porte » en Nord-Pas de Calais et son rôle comme frein à l’installation de jeunes agriculteurs, sans héritage familial, dans le métier et, le plus souvent, partisans d’une agriculture durable.

Et, pour aller plus loin encore, lire sur le site du magazine une sélection d’articles consacrés à l’accès au foncier des paysans.

Postez un commentaire