Quelles convergences pour un plus grand impact social ?

L’union fait la force. Cette maxime ne représente pas un constat léger, mais plutôt un tour de force ! Elle illustre admirablement la clef de voûte d’une économie sociale et solidaire aux multiples parties prenantes. Acteurs de l’économie capitaliste, représentants des pouvoirs publics et associations, fédérés autour d’un projet commun : une utopie ? Il n’en est rien, comme nous le prouve ce 35ème « Alter Mardis : Parlons Solutions ». En s’appuyant sur l’exemple réussi du chantier d’insertion « les Jardins de la voie Romaine », nos invités tous azimuts se sont interrogés sur leur rôle à jouer et les leviers à exploiter pour changer l’échelle d’action et multiplier les partenariats à fort impact social. Co-organisée avec Convergences, une initiative visant la synergie des différents acteurs afin de définir et mettre en œuvre des projets innovants et porteurs, la rencontre a mis tout le monde d’accord. Les alliances hybrides bâtissent les stratégies puissantes. Démonstration.

Prenons une entreprise du CAC 40 numéro 1 des concessions et de la construction, un maire d’une commune du Loiret et une association vouée à l’insertion professionnelle. Vous pensez, à tort, que ce joli monde ne peut pas s’entendre. L’ambition de l’innovation sociale n’est plus l’apanage du secteur de l’économie sociale et solidaire. Pour Vinci, ce n’est pas le tout de construire des cités et de rapprocher les territoires en édifiant des autoroutes. Le géant industriel s’est investi dans le chantier d’insertion « les Jardins de la voie Romaine » du réseau Cocagne. Comment ? En mettant les terrains vacants proches de ses aires d’autoroutes à disposition des acteurs de l’innovation et de la lutte contre l’exclusion. Sur l’autoroute, maraîchage biologique et vente de paniers de fruits et légumes bio coulent des jours heureux. En activité depuis 6 mois, le projet qui s’est installé dans le Pays Beauce Gâtinais en Pithiverais compte 8 personnes en insertion et prévoit la production de 50 paniers pour le mois de juillet. Des simulations d’entretien et des préparations de projets professionnels sont également à l’ordre du jour pour offrir aux jardiniers de nouvelles perspectives d’emploi.

Si cette initiative connaît un franc succès, c’est qu’elle ne dépend pas que de la volonté d’un seul acteur. Vinci, par exemple, a alloué ses compétences, sa gouvernance et sa puissance financière. L’entreprise confie également des prestations connexes à l’association, comme l’élagage et l’entretien des autoroutes, pour stimuler son économie. Chantal Monvois, déléguée générale de la Fondation Vinci, rappelle : « notre idée n’était pas de faire le 111ème Jardin de Cocagne mais de donner un outil d’insertion aux zones rurales, de diversifier les parcours d’insertion professionnelle en frottant les jardiniers à d’autres métiers présents sur nos aires d’autoroute ». Quant aux Jardins de Cocagne, ils ont su apporter leur connaissance du terrain, aborder le territoire avec délicatesse et mobiliser des publics en difficulté. Leur expérience du jardin vecteur d’intégration professionnelle ne date pas d’hier. Le premier Jardin de Cocagne, précurseur des circuits courts, voit le jour en 1990 dans l’Est de la France. Aujourd’hui le réseau compte 110 jardins en activité, 15 jardins en projet, 3 500 jardiniers, 20 000 familles d’adhérents, 600 encadrants et 1 500 bénévoles. Un succès à faire partager ! Enfin la place des pouvoirs publics reste indispensable, ils trouvent là un projet politique fort pour les territoires où les services de proximité de qualité font leur grand retour. Pour Denis Thion, Maire de Courcelles, l’initiative fait écho au schéma de cohérence territoriale des 96 maires du Nord du Loiret : « le Pays Beauce Gâtinais en Pithiverais a financé le projet car il correspond à l’ambition que peut avoir un pays pour son territoire ».

Ce partenariat pluri-acteurs s’est-il construit sans difficulté ? Passée la période des méfiances, des préjugés et des opérations de communication répétitives, les intérêts collectifs et personnels se sont mis au diapason et la mayonnaise a pris. Avec 6 projets sur ses autoroutes, Vinci prend goût à la lutte contre le cloisonnement des zones rurales et la précarité. Et c’est tant mieux ! Car si le rythme de l’entreprenariat social s’accélère depuis une vingtaine d’années avec la naissance de nombreux projets, les innovations tardent à s’imposer à plus grande échelle. Olivier Kayser, Directeur d’Hystra Consulting, insiste : « les grandes entreprises sont des leviers de l’innovation, elles font en sorte de toucher des milliers voire des millions de personnes ». Jean-Guy Henckel, Fondateur du Réseau Cocagne conclut : « la société n’est forte que par la place qu’elle peut laisser aux plus fragiles ».

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