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« Make Our Planet Great Again » – Un an après – Jeudi 31 mai 2018

By | agenda, Environnement, L'actu de Reporters d'Espoirs, Partenaires associations | No Comments

« La France des solutions » s’associe à
ECOSYS Group, WeWork, Climate-KIC et Cleantech Open France
pour vous convier à participer à l’événement
« Make Our Planet Great Again » – Un an après
Jeudi 31 mai 2018 – De 20h à minuit
Chez WeWork, 33 rue La Fayette, 75009 Paris*

ECOSYS Group, Cleantech Open France, Climate-KIC et WeWork ont décidé de co-organiser un événement consacré aux initiatives et technologies ayant un impact positif sur le climat, un an après le « Make our planet great again » prononcé par le Président de la République suite à la sortie américaine de l’Accord de Paris.

L’idée est de faire un bilan des initiatives entreprises par des start-up, PME, groupes, collectivités publiques, institutions, associations… pour construire une France des solutions écologiques, économiques et sociétales.

Reporters d’Espoirs s’associe à l’initiative à travers son opération « La France des solutions » et met en lumière dans cet événement, journalistes et professionnels des médias qui observent, analysent, enquêtent, et diffusent la connaissance à la fois de grands défis et de réponses de terrain.

 

Parmi les thématiques abordées, à la convergence de l’environnement, du sociétal et de l’économie :

  • Transition écologique et énergétique
  • Territoires, logement, mobilité
  • Agriculture, alimentation, santé, maritime
  • Solidarité, inclusion, pauvreté
  • Travail, formation, entreprise de demain, entreprise à mission
  • Épanouissement de l’individu et du collectif
  • Tech&Medias pour le bien commun
Si vous souhaitez participer, merci de vous inscrire ici
Vous recevrez très prochainement le programme de la soirée

* Pour vous y rendre : Métro ligne 7 : Le Peletier – Métro ligne 12 : Notre-Dame-de-Lorette – Métro lignes 8/9 : Richelieu-Drouot Bus : 26, 32, 42, 43, 48

Retour sur… Le Transformational Media Summit

By | L'actu des médias, Le Lab | No Comments

Après Washington et Londres, c’est à Paris, les 30 novembre et 1er décembre 2015,  durant la Cop21 que se réunissaient Reporters d’Espoirs et ses réseaux internationaux. Journalistes, professionnels des médias, communicants, se sont rassemblés pour une même cause : mettre les médias au service d’un monde meilleur.

Albert Einstein le disait : «Si l’humanité veut survire, elle devra changer sa manière de penser. » C’est  pour permettre ce changement qu’une centaine de personnes s’est rassemblée au Belushi’s, quartier général de la communauté Place to be, dynamique de lutte contre le réchauffement climatique.  Pendant deux jours,  des intervenants se sont relayés afin de présenter leur projet, leur vision d’un monde plus juste.  Et c’est Odile Decq qui  a ouvert le bal.  Cette architecte de renom a créé une école d’un genre particulier : Confluence, centre de formation pour architectes, est un institut où pédagogie rime avec liberté et décloisonnement. Dans ce lieu conçu comme un lieu d’expérimentation, les élèves sont amenés à « trouver les solutions par eux-mêmes » explique Odile Decq. Basée à Lyon, l’école entend former des professionnels mais pas seulement : «L’architecture n’est pas qu’une profession, c’est une discipline. Le but n’est pas d’obtenir un diplôme mais d’apprendre à créer différentes choses.»

«Création » est l’un des maitre-mot de ce rendez-vous  qui, entre chaque  « pitch », prend des allures de cours de récréation. Tout au long de la journée, Magalie Folmer, coach en communication invite l’assemblée à former plusieurs groupes.  Le but ? Développer sa créativité  à l’aide d’exercices. Prendre une écharpe et en faire un chapeau ? Dessiner une ville idéale ? Ce premier jour se voulait interactif.

Mardi 1er décembre. Le public retrouve les équipes de Reporters d’Espoirs et de la Transformational Media Initiative, coorganisatrices de l’événement.  Au menu : enchainement de pitchs « façon TED », et d’exposés suivi  de multiples interactions avec l’audience.  Katerine Adams est la première à entrer en piste.  Venue du Canada, elle a cofondé Goodness Tv, un media web qui promeut des initiatives innovantes. Son ambition : pousser les gens à agir car Katerine Adams en est persuadée , « Chaque être humain est une partie du problème mais aussi de la solution. Il est temps d’arrêter d’écouter les diseux pour se concentrer sur les faiseux. » Et des faiseux, il y en avait beaucoup  à commencer par Slater Jewel Kemker. Cette américaine de 23 ans est  à l’origine du documentaire Inconvenient Youth, qui retrace le  parcours d’une jeunesse qui se bat pour sauver la planète. « Je voulais capturer une histoire humaine, mettre en avant un futur que nos parents ne nous avaient pas promis… un futur plus beau. » Inspirer, c’est aussi le leitmotiv de Caroline Sénéclauze, fondatrice de Moteur, une association qui veut inciter les 15-18 ans à prendre la caméra pour filmer  leur modèle, la personne qui les inspire. Au terme d’un concours organisé par l’association, le film primé sera projeté au Festival de Cannes : de quoi motiver les cinéastes en herbe !

Utiliser les médias et le cinéma pour sensibiliser, c’est le propre du storytellingMaxime Riché, ancien ingénieur devenu photographe, l’a bien compris en réalisant son documentaire et série photographique Climate Heroes. Cinq années de voyage à la rencontre d’individus aux parcours atypiques qui agissent pour préserver la nature, l’ont conduit aux quatre coins du monde. En Gambie, il a rencontré Isatou Csesay  qui donne aux femmes la possibilité  de générer des revenus grâce aux déchets plastiques. En Indonésie Amir, Sryadi, Subarie et Monsieur Payoto luttent contre la déforestation tandis qu’au Viêt-Nam, le bouddhiste Bun Saluth a rassemblé six villages afin de protéger plus de 18000 hectares de forêt au Cambodge.

Quant au témoignage de Laurent de Chérisey, il illustre parfaitement la puissance des médias lorsqu’ils sont mis au service de la solidarité. L’histoire qui se cache derrière son initiative Simon de Cyrène ressemble à un conte de fée. Son ami Philippe Pozzo Di Borgo lui évoque un jour un film inspiré de sa propre histoire, en cours de réalisation. Et lui propose de verser une part de ses recettes à l’association. Ce film, ce sera… Intouchables ! Avec le succès qu’on lui connait (près de 54 millions d’entrées dans le monde). Les maisons de vie partagée Simon de Cyrène, entre personnes handicapées et valides, répondent à un vrai problème de société : l’intégration des personnes handicapées, et au-delà,  le vivre ensemble. Une cohabitation essentielle qui selon Laurent de Cherisey pousse à « écouter la voix des sans voix. » Donner une voix à ceux qui n’en ont pas, c’est la raison d’être de Reporters d’Espoirs, « un réseau qui se confronte à la difficulté de s’intéresser à une information qui ne fait pas de bruit mais qui médiatise des solutions qui viennent des problèmes ».

Informer et raconter pour inciter à la prise d’initiative, favoriser l’émergence d’une société plus juste, c’est le pari des acteurs réunis lors de cette 3ème édition du Transformational Media Summit. Un  pari que Reporters d’Espoirs tente de relever au quotidien.

Myriam Attaf

Quelques initiatives des médias pour la COP21

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On refait la planète, RTL
L’originalité :
Faire appel à une personnalité légitime du monde de l’exploration scientifique et de l’environnement, Jean-Louis Etienne.

Du 27 juillet au 14 août, l’émission de débats On refait le monde laisse place à une émission dédiée aux enjeux climatiques, chaque soir de la semaine de 19h15 à 20h. Pour l’occasion, l’antenne fait appel à l’explorateur et médecin Jean-Louis Etienne qui fait office de présentateur-modérateur aux côtés de Florence Cohen, animatrice de la tranche «RTL soir», de 18h à 20h. Le duo reçoit chaque soir grands témoins, experts, scientifiques, membres d’ONG, élus, chefs d’entreprises… parmi lesquels Laurent Fabius, Pierre Radanne (expert des questions énergétiques, ancien président de l’ADEME, président de l’association 4D).

L’émission fait œuvre de pédagogie, s’efforçant de mettre en lumière des solutions – citoyennes, entrepreneuriales, publiques -, sans relativiser l’ampleur des problèmes. Et incite les individus à agir indépendamment des issues de la conférence climat. «Même si le message à Paris n’est pas enthousiasmant, espérons qu’il va y avoir des solutions claires d’encouragement. N’oublions pas que nous sommes chacun acteur du climat. Si l’ensemble des habitants de la planète prend ses responsabilités, il y aura des solutions », insiste Jean-Louis Etienne.

Les intitulés mêmes des émissions sont orientés sur le volontarisme :
« Des transports verts et performants, c’est possible ? », « Les citoyens se mobilisent face à l’urgence climatique », « Comment peut-on, à notre échelle, faire bouger les lignes ? », ou encore « Comment réussir la transition énergétique ? »

 

france info#maplanète, France Info
L’originalité :
Labelliser, à l’antenne, les solutions aux problématiques climatiques approuvées par un comité d’experts.

Attribué par le Comité Climat France Info à l’unanimité, le #maplanète distingue les initiatives qui apportent des solutions aux problématiques environnementales.

Le comité climat France Info :

– Anne-Laure Barral, journaliste spécialiste du Climat et développement durable sur France Info
– Yann Arthus-Bertrand, journaliste, photographe, reporter, engagé en faveur de l’environnement
– Catherine Chabaud, journaliste et première femme à avoir terminé un tour du monde à la voile, en solitaire.
– Pascal Delannoy, journaliste, sur France Info
– Gérard Feldzer, ancien pilote et commandant de bord, spécialiste de la question des transports et d’environnement sur France Info
– Roland Jourdain, navigateur, vainqueur de la Route du Rhum 2006 et en 2010 en monocoque
– Alix Mazounie, membre et conseillère de Réseau Action Climat
– Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue, ingénieur au CEA, au sein du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, membre du GIEC
– Pierre Radanne, expert des questions énergétiques et écologiques, spécialiste des politiques énergétiques de lutte face au changement climatique

La minute verte, France Bleu

la minute verte
L’originalité :
Décrypter l’actualité de l’environnement en partant d’initiatives « vertes » avec Valérie Barbe.

 

 

 

 

•  800 SUJETS • Sur TF1

L’originalité :
Axer massivement la ligne éditoriale sur les solutions

« Il y a encore 5 ans, on parlait de  ‘‘catastrophe climatique’’ sans proposer de réponses techniques et économiques. Désormais, beaucoup d’acteurs, dont les entreprises, ont des solutions à faire valoir. Encore faut-il qu’elles soient connues et qu’une attente se manifeste de la part des consommateurs ! Nous remplissons pleinement notre rôle en informant et sensibilisant régulièrement les téléspectateurs à l’antenne d’Ushuaïa TV, dans les bulletins météorologiques et dans les journaux télévisés de TF1 et LCI. Près de 800 sujets sont consacrés chaque année à l’alerte climatique comme aux solutions qui émergent dans tous les domaines : isolation des habitats, nouvelles formes de mobilité, économie du partage, lutte contre le gaspillage, produits biologiques, production locale et circuits courts… […]. Nous favorisons les sujets porteurs d’espoir ; ils montrent que l’on peut changer le monde avec des exemples formidables à l’appui.» Catherine NAYL, pour le Groupe TF1

 

• LA PROGRAMMATION SPÉCIALE • France Ô

L’originalité :
Mettre en parallèle problèmes et initiatives de métropole et d’outre-mer en prenant en considération les spécificités de l’insularité ainsi que les enjeux convergents.

« Les populations (politiques compris) d’outremer — plus exposées aux catastrophes naturelles — cherchent des ouvertures. Il s’agit de leur montrer que des solutions existent. » Sophie Lonete, journaliste à France Ô

 

•  KEEP IT IN THE GROUND • The Guardian
La campagne du Guardian sur le changement climatique

L’originalité :
Toute une rédaction s’engage fermement contre les fossiles à travers le récit d’initiatives dans l’énergie solaire.

« Keep it in the ground, the Guardian’s climate campaign […] is making a shift in direction to tap into a rare commodity in the climate debate — hope. » The Guardian

• Une bonne claque (au service de la planète) • France TV

claque stark

L’originalité
15 personnalités découvrent à quel point un geste simple peut impacter positivement notre environnement.

Comment médiatiser la COP21 ? Le point de vue du journaliste – Anne Tezenas du Montcel

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Co-directrice de l’ouvrage « Voyage de l’anthropocène. Cette nouvelle ère dont nous sommes les héros », Anne Tezenas du Montcel s’intéresse, dès 2011, aux questions climatiques. C’est avec ce livre que l’ « aventure climatique » débute pour la journaliste. Depuis deux ans, elle suit les COP en immersion au sein de la présidence de la COP pour Le Parisien magazine et prépare un ouvrage sur le sujet.

Lire l’entretien avec Anne Tezenas du Montcel en version PDF

Pourquoi un tel intérêt pour la question climatique ?

La question climatique est bien plus qu’une série d’inquiétudes et de catastrophes. Elle ne se résume pas à des changements de température. C’est aussi l’occasion de créer un monde nouveau. De bouleverser nos systèmes. Mettre d’accord 195 pays semble irréaliste et pourtant c’est bien ce dont il est question : c’est toute la beauté des utopies. Elles sont inatteignables, mais elles entraînent l’Homme dans une incroyable dynamique, elles sont moteur d’innovations, de créations, elles poussent les sociétés à se dépasser et à s’améliorer. D’énormes progrès ont été faits et la prise de conscience est, chaque jour, un peu plus forte. On n’est plus au même stade qu’en 2009, avec Copenhague. Le monde de la finance bouge, celui des entreprises également. Les sociétés sont en marche vers de nouveaux modèles.

En quoi les COP participent-elles de ces changements ?

Il s’agit d’un processus d’évangélisation : grâce aux COP, les pays d’accueil intègrent la question climatique, elle devient audible dans le milieu politique et gagne en visibilité au sein de la société civile. C’est une donnée essentielle qu’il ne faut pas sous-estimer.

Quels conseils pouvez-vous donner aux journalistes qui relaieront la COP21 ?

Garder une focale très large. L’écueil dans lequel les journalistes non-initiés risquent de tomber, c’est d’adopter un regard photographique. Faire du « One shot » en ne rendant compte que des négociations du jour, s’attendre à des mesures concrètes aux impacts immédiats et conclure à un échec cuisant – parce que trop abstrait et hermétique. Au contraire, en tant que leaders d’opinion, le rôle des médias est fondamental : ils doivent appréhender la COP sur le temps long et montrer les évolutions qui, peu à peu, nous libèrent d’une société industrielle vieille de 200 ans.

Comment montrer ces évolutions ?

Tout l’enjeu est de créer une rupture entre le monde d’hier et celui de demain. Le chemin est forcément long et progressif, mais nous l’avons déjà commencé. Les médias doivent en rendre compte et créer un effet de bascule entre ces deux ères. Tout ne se joue pas sur un mois, il ne faut pas se cantonner aux négociations, mais regarder les évolutions économiques et sociétales qui émergent. Chaque COP apporte un nouvel élément pour un nouveau système, pour la mise en place d’une nouvelle société dont nous sommes les acteurs. Le rayonnement est bien plus large que la COP 21. Des solutions émanent partout dans le monde. Pour les relayer, les journalistes pourront aller interroger les porteurs de solutions au Grand Palais par exemple. Une exposition « Solutions COP21 » y sera organisée du 4 au 10 décembre 2015. Le site du Plan d’actions Lima-Paris est également une source intéressante pour découvrir toutes les initiatives entreprises dans le monde, par des acteurs étatiques et non-étatiques (newsroom.unfccc.int/lpaa-fr). Médiatiser les solutions d’une part et se plonger dans les négociations d’autre part permet d’avoir une couverture médiatique plus globale. Dernier point : il ne faut pas être impressionné par la complexité du jargon diplomatique. Les enjeux sont tels qu’un langage spécifique est nécessaire : les nuances, les détails et précisions permettent aux États d’arriver à un consensus. Les journalistes pourraient, pour commencer, lire les travaux du groupe de travail de l’ADP (The Ad Hoc Working Group on the Durban Platform for Enhanced Action). Et puis interroger les experts qui seront sur place, au Bourget, bien sûr •

Médias & Climat : le point de vue du climatologue – Jean Jouzel, vice-président du GIEC

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Climatologue, glaciologue et vice-président du groupe scientifique du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) depuis 2002, Jean Jouzel est régulièrement invité par les médias pour rendre compte des rapports du GIEC.

Lire l’entretien avec Jean Jouzel (PDF)

Comment jugez-vous le traitement médiatique du changement climatique ?

D’énormes progrès ont été faits en la matière. La presse écrite produit d’excellents articles et la Tv comme la radio s’améliorent. Mon regret, quant aux médias de l’audiovisuel, c’est qu’ils mettent encore
les climato-sceptiques et le reste de la communauté scientifique sur un pied d’égalité. Ils privilégient le « un contre un » là où les scientifiques sont quasi unanimes. La TV et la radio veulent du débat alors qu’il n’a pas lieu d’être sur ce sujet, il n’existe pas. C’est une certaine conception de l’objectivité qui fait perdre en représentativité. Néanmoins, en termes de « couverture » médiatique, on ne peut pas dire que le climat soit sous- traité : je suis sollicité par de nombreux médias, surtout à l’approche de la COP21.

Quelles questions vous sont généralement posées par les journalistes ?

Ça varie énormément. J’ai dû faire sept interventions dans la même journée lorsque Obama a pris position en faveur du climat. Huit jours après, c’était parce que le mois de juillet avait été le plus chaud de tous les temps. Dès qu’il y a un événement lié au climat — cyclone, catastrophe, intempéries, etc. — on fait appel à moi.

Cela reste donc très ponctuel et lié à l’actualité chaude ?

C’est souvent lié à l’actualité chaude oui, mais ce n’est pas la seule condition. Les actualités climatiques, il y en a tout le temps. L’information climatique dépend aussi du reste des événements : il y a des jours où les journalistes n’ont pas grand-chose à dire. C’est dans ces moments que se multiplient les reportages sur le climat. On a fait une grande conférence à Paris, en juillet par exemple. Cette dernière n’a pas du tout été relayée. Pourquoi ? Parce que, dans le même temps, c’était la panique en Grèce. L’actualité climatique reste une information d’ajustement. S’il y a des choses plus urgentes, une actualité forte ailleurs, on n’en parlera pas. C’est un fait qui s’inscrit sur le temps long. On peut décaler l’information climatique d’un jour, elle sera toujours vraie. Tandis que le soutien de François Hollande à la Grèce, c’est tout de suite que ça se décide. La machine médiatique est ainsi faite et, compte tenu de ses impératifs, je trouve que, globalement, le climat est bien couvert.

Qu’en est-il de l’équilibre constats/solutions dans les médias ?

On a beaucoup parlé des constats par le passé et on continue à les évoquer, mais les solutions sont de plus en plus traitées aussi. La transition énergétique, par exemple, est largement évoquée à l’approche de la COP21. Les journalistes nous interrogent pour savoir quelles solutions mettre en œuvre.

Et quelles sont vos réponses ?

Généralement, j’essaie de penser à l’échelle globale. Si on veut respecter l’objectif de la COP21 — c’est-à-dire limiter le réchauffement climatique à deux degrés — il faut transformer nos modes de développement et laisser 80% de nos fossiles là où ils sont. Scientifiquement c’est clair et, selon le GIEC, c’est économiquement possible et viable. Pour ce faire, il faut améliorer l’efficacité énergétique. Trois quarts de l’augmentation des gaz à effet de serre sont dus aux fossiles. Nous devons trouver le moyen d’y avoir de moins en moins recours. Pour commencer, cela peut passer par une bonne isolation chez soi. Ces vérités concernent aussi bien les citoyens à l’échelle individuelle, que le secteur de l’industrie.

Qu’entendez-vous par « efficacité énergétique » ? Quelles sont les solutions concrètes promues par le GIEC ?

L’efficacité énergétique, c’est dépenser moins pour faire la même chose. C’est le premier levier. Ensuite, et toujours selon le GIEC, il y a le désinvestissement des fossiles avec le développement des renouvelables. Les différents scénarios proposés conservent une part de nucléaire et un recours plus important à l’électricité. Il y a donc des solutions et des verrous. Lorsqu’on m’interroge à ce sujet, j’essaie de parler des deux. Il faut encourager et aider la recherche pour des innovations qui répondraient aux problèmes qui persistent comme celui du stockage de l’énergie.

Les solutions actuelles sont encore imparfaites ?

Oui, malheureusement, il n’y a pas de solution sans point négatif. Personnellement,  j’aime bien les éoliennes, mais certains diront que c’est de la « pollution visuelle ». Le solaire est mieux accepté. On a encore quelques problèmes avec la récupération des panneaux, mais ça reste gérable. Là où il faut s’améliorer, c’est dans leur production.C’est pourquoi j’insiste sur le rôle de la recherche et de l’innovation. Les nouveaux panneaux photovoltaïques seront peut-être moins difficiles à gérer en fin de vie. Or, pour évaluer ces énergies nouvelles, il faut prendre en compte leur cycle de vie complet. Bien sûr, ce n’est pas le seul critère : il faut évoquer les risques (ceux du nucléaire par exemple), la dangerosité ou l’aspect visuel (pour les éoliennes notamment).

L’efficacité énergétique reste difficile à mesurer d’un point de vue purement scientifique. Quelle place doit-on donner aux considérations sociales et sociétales ?  Les changements de comportements — suscités par  la diminution de coûts et les gains d’efficacité — ne réduisent-ils pas, du même coup, les bienfaits de ces innovations ?

L’effet rebond1 se vérifie souvent et dans plusieurs domaines. On consomme moins d’essence mais on circule plus. Les changements de comportement sont souvent liés à l’aspect financier. La raison pour laquelle les gens limitent leurs déplacements, chauffent un peu  moins leurs intérieurs, etc., est généralement économique. Lorsque les progrès techniques permettent une diminution de la consommation au kilomètre, on peut être incités à rouler plus. C’est un effet rebond qui dépend à la fois des besoins et des revenus.

Efficacité et sobriété sont donc requises simultanément ?

Tout à fait, mais c’est un message qui passe encore assez mal. Je fais beaucoup de conférences dans lesquelles j’évoque l’efficacité énergétique. Ce discours est très bien reçu : globalement, les gens comprennent qu’il vaut mieux des bonnes fenêtres que des mauvaises. Mais dès qu’on parle de sobriété, l’attention n’est plus la même. L’efficacité, c’est « faire la même chose avec un peu moins d’énergie ». La sobriété, c’est juste « faire un peu moins ». C’est une tout autre affaire. J’estime que pas plus d’une personne sur dix ne changera ses façons de faire sans y être forcée financièrement. La taxe carbone va dans ce sens mais il faut aussi aider la sobriété avec des infrastructures. Faire du vélo, prendre les transports en commun, ce sont des formes de sobriété. Les communes doivent donner les moyens aux habitants de se déplacer plus proprement. Prenons l’exemple de Rennes : l’aménagement de la ville a été réussi et le tramway y fonctionne très bien ; Nantes et Grenoble sont aussi pionnières ; Lille et Strasbourg s’y mettent. Des choses se font. Depuis le grenelle de l’environnement, c’est une dynamique nouvelle qui se met en place et nous ne consommons déjà plus comme il y a quinze ans. Pourtant, les gens pensent que rien ne se passe. C’est faux. Certes, ce n’est pas suffisant, mais les choses bougent et évoluent dans le bon sens. Même de grandes entreprises prennent leurs responsabilités. Prenez EDF : il veut se décentraliser. Quand on pense à ce mastodonte très centralisé, avec ses grosses centrales, qui regarde vers l’avenir et se tourne vers la communauté scientifique, c’est un changement complet ! Rien de tout cela n’était envisageable il y a quelques années. Dans les années 90, les grandes entreprises énergétiques françaises prenaient leurs décisions sans considérer l’impact des émissions de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, Total et EDF se tournent vers les scientifiques pour leur demander conseils. Ils voient bien qu’ils doivent changer, sinon ça se fera sans eux.

Le changement ne viendra-t-il que de l’État et des grandes structures ?

Non, pas seulement. Il y a beaucoup de petites entreprises aussi qui se construisent en prenant en compte, dès aujourd’hui, la problématique climatique. Les citoyens et le monde de la recherche ont une grande part à jouer. En France, la moitié des émissions de gaz à effet de serre est due à la façon dont nous vivons au quotidien : le domestique, l’alimentation, le chauffage. Chacun d’entre nous peut œuvrer pour réduire la quantité des émissions : prendre les transports en commun plutôt que la voiture, changer les fenêtres, etc. Ce sont des investissements à petite échelle qui, accumulés, participent d’un changement global. Il n’y a pas de geste inutile. Le climat, c’est l’affaire de tout le monde •

Médias & Climat : Le point de vue du psychologue – Serge Tisseron

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Serge Tisseron est psychiatre, docteur en psychologie habilité à Diriger des Recherches à l’Université Paris VII Denis Diderot, www.sergetisseron.com

Voir l’article de Serge Tisseron (PDF)

 

Pour une culture du « faire face ensemble »

Autour du climat, les mots changent aussi.
Celui de « réchauffement », d’abord privilégié, s’efface de plus en plus derrière celui de « dérèglement ». Le temps n’est plus « pourri », il devient fou, autrement dit imprévisible et dangereux, semblable à une sorte de terrorisme des éléments naturels. Et cette représentation des choses est évidemment favorisée par la façon dont les médias nous informent de ces dérèglements en tout lieu et à tout moment, avec des images saisies « sur le vif » par le téléphone mobile des protagonistes du drame. Nous ne sommes plus devant l’action, mais dans l’action, au point de nous imaginer déjà à la place des victimes. Et lorsque des journalistes interrogent des témoins, c’est hélas bien souvent pour privilégier ceux qui ont tout perdu plutôt que ceux qui ont su s’organiser. Ainsi, sans même que nous nous en rendions compte, s’insinue une fatigue d’impuissance dont la manifestation principale serait le sentiment d’être condamnés à subir. Certains n’osent même plus allumer la radio ou la télévision à l’heure des informations de crainte d’être submergés par le spectacle de la souffrance du monde. D’autres essayent d’oublier en se repliant sur des activités répétitives et stéréotypées, ou dans une recherche hédoniste à court terme. Comment en sortir ?

L’un des moyens de lutter contre ce danger réside dans une meilleure connaissance des drames du passé, et surtout dans la valorisation des expériences positives qui ont pu les accompagner. C’est dans ce but que j’ai lancé en 2012, avec l’aide du Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie (MEDDE) le site Internet « mémoiresdescatastrophes.org, la mémoire de chacun au service de la résilience de tous ». Ce projet participe à la construction d’une résilience qui, après avoir été décrite comme une qualité personnelle, puis comme un processus individuel, est maintenant conçue dans sa dimension collective et sociétale. Là où la résilience individuelle invitait à réfléchir en termes de soutien personnalisé aux plus fragiles, la résilience sociétale pense en termes d’information et de soutien réciproques, d’évaluation des vulnérabilités collectives, de confiance et de collaboration à travers des partenariats et des projets mutualisés. Elle est à la fois informative, formatrice, anticipatrice, interdépendante, et encourage la prise en charge de chacun par lui-même. C’est à la mettre en place que peuvent et doivent nous aider les médias, pour développer une culture du « faire face ensemble ».

Serge Tisseron

30/11 et 01/12/2015 Transformational Media Summit : rencontrez nos réseaux internationaux

By | agenda, L'actu de Reporters d'Espoirs | No Comments

Après Washington et Londres, c’est à Paris durant la Cop21 que se réunissent Reporters d’Espoirs et ses réseaux internationaux – journalistes, professionnels des médias, storytellers, réalisateurs, communicants… 2 jours de rencontres et d’échanges passionnants, les 30 novembre et 1er décembre 2015, réservés à 150 privilégiés.

En bref

Le thème : « Storytelling for a better world« , exploré à travers pitchs et ateliers, sur la créativité, l’innovation, le journalisme et les médias de solutions.
Le programme : consultable sur www.tmsummit.org
Parmi les intervenants : des personnalités et professionnels des médias du monde entier -USA, UK, DK, FR, ES, IT… Avec notamment Samuel Le Bihan (acteur producteur), Cathryne Gyldensted (journaliste, auteur, pionnière du journalisme constructif au Danemark), Laurent de Cherisey (fondateur de Simon de Cyrène et de Reporters d’Espoirs), Christine Cauquelin (Canal+)…
Le lieu : Place to B, le « hub » des médias et bloggeurs durant la Cop21.
L’adresse : Belushi’s, 5 Rue de Dunkerque, 75010 Paris
Réservation : 150 places seulement. Pour réserver votre place, c’est ici : http://tmsummitparis2015.eventbrite.com/

Plus précisément

The Transformational Media Summit is a gathering of changemakers, storytellers and media professionals and innovators from across the globe who are passionate about collaborating for good. Our vision is to use our creative talent and resources to help contribute to a more peaceful, prosperous, and sustainable world.

The summit addresses themes related to storytelling, media and technology for positive social, environmental and economic change. It brings together leading experts creating innovation in their fields drawing people from a diverse range of organizations such as: Reporters d’Espoirs, the BBC, UN Foundation, MTV, Discovery Channel, or the Jane Goodall Institute.

The summits have been attended by an international group of people working in the fields of media, social enterprise, international development, environmental preservation, economics, sustainable business, peace building, health, and well-being.

↗Launch summit in London in 2012
↗2nd summit in partnership with the UN Foundation in Washington, DC in November 2014
↗ 3rd summit in Paris during Climate conference/Cop21, with PlaceToB and Reporters d’Espoirs

An ideal spot: the partnership with Place to B 

TMSummit take place during Cop21, within the “Place to B” (St Christopher’s Inn Youth Hostel, its bar Belushi’s and Auditorium) located 200 meters from the Gare du Nord railway station on the line of the RER B train going to Le Bourget, where COP21 meetings will take place.

Place to B offers not only a place to stay, but also a coworking space, a program of events and a “News Fab Lab” about climate and solutions for the ecological transition. Place to B is above all a movement fuelled by all those who want to convey the message in a different way.

The modern complex has a capacity of 600 beds and opened in 2013. It will be especially shaped to host Place to B from 29th November to 12th December 2015. bedrooms are available to rent for your stay in Paris during Cop21.

Pour tout savoir : www.tmsummit.org