Se forger une « culture climat »

« Il n’y a pas beaucoup de rédacteurs en chef qui aient une conscience environnementale authentique. Dans les séances de rédaction, j’avais souvent l’impression que ce qui était essentiel à mes yeux ne l’était pas à ceux des autres. »

Philippe Le Bé, journaliste indépendant, ayant œuvré au sein des principaux médias Suisses francophones (ATS, Radio Suisse internationale, la Tribune de Genève, Bilan, la RTS, L’Hebdo, Le Temps)

« Je ne pense pas qu’il y ait un manque d’intérêt pour ces sujets, mais plutôt un manque de connaissances. Le changement climatique s’impose à nous, il faut s’en occuper. On n’a pas le choix. »

Comme le remarque ici Yves Renard, directeur adjoint de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, être formé ou s’auto former à la science du climat va devenir une nécessité impérieuse pour un nombre toujours plus important de journalistes « contraints » ou désireux de traiter ce sujet devenu incontournable, et dont le caractère transversal est établi tant son impact sur les écosystèmes influence de nombreuses sphères de l’activité humaine.

D’où part-ton ? « On peut estimer qu’il y a, en France, de l’ordre de 300 journalistes pour lesquels le changement climatique fait partie de « l’environnement habituel », soit 1% des journalistes travaillant dans le pays, et qu’en outre seule une fraction de ceux-ci a un accès direct à une information primaire, les autres citant leurs confrères » estime l’ingénieur Jean-Marc Jancovici, spécialiste de l’énergie.

Où va-t-on ?

L’état des connaissances scientifiques, la demande des Français (pour qui le changement climatique constitue un motif d’inquiétude à 85%), la prise de conscience de l’urgence et du caractère multidisciplinaire des questions climatiques, va amener la communauté journalistique à s’intéresser bien davantage au sujet.

Et à le faire d’une manière à la fois documentée et constructive sachant que « pour 53% des Français, le réchauffement de la planète est réversible » et appelle donc des actions concrètes.

Qui des 34 571 journalistes actifs en 2019 sera épargné ? Que l’on traite d’économie, d’industrie, de science, d’automobile, de numérique, de cuisine, d’agriculture, d’énergie, de politique ou de mode, de fin du mois ou de fin du monde, du local du national ou de l’international… le climat s’impose (presque) partout !

Sachant que les journalistes sont majoritairement de culture littéraire, de sciences humaines et sociales, plus que scientifique, la question de comment s’approprier le changement climatique va se poser pour un nombre croissant d’entre nous.

S’intéresser au climat : d’où vient le déclic pour les journalistes ?

Une prise de conscience soudaine liée à des événements personnels

« Des raisons personnelles m’ont sensibilisée aux enjeux climatiques et environnementaux. Je suis alors tombée des nues : comment durant toutes ces années avais-je pu ne pas voir, ne pas entendre ? Etait venu le temps d’apprendre. Apprendre pour être en mesure de vulgariser ces questions aussi sensibles que vitales. Apprendre pour faire bouger les lignes. Après 17 ans de carrière à l’AFP, le Master 2 ACCES est tombé à pic pour m’accompagner dans cette nouvelle aventure. Ses atouts : une approche transversale du changement climatique et un accès privilégié à des journalistes et scientifiques chevronnés. »
Dorothée Moisan, journaliste indépendante, ex-AFP, ayant travaillé pour la Fondation Goodplanet, diplômée du CFJ puis du Master ACCES de l’ESJ Lille

En me posant la question de l’impact de mes voyages à travers le monde

« Fin 2017, en rentrant d’un voyage, je me suis rendu compte que je ne me souciais pas de mon impact. J’avais envie de poser mes interrogations par écrit. C’est ainsi qu’est né mon premier livre, Message pour la planète, soulevant 10 questions écologiques et sociétales, à travers des interviews avec climatologues, sociologues, politiques. Ça a été un moment charnière pour la construction de ma conscience écologique. »
Baptiste Denis, journaliste et veilleur. Entretien avec Reporters d’Espoirs, mars 2020

1. Se former aux questions climatiques

2. S’appuyer sur les scientifiques du climat

3. Participer à des événements animes par des experts du sujet

À venir…